{"id":330,"date":"2021-03-06T09:16:37","date_gmt":"2021-03-06T08:16:37","guid":{"rendered":"https:\/\/monnaie-sans-dette.com\/?page_id=330"},"modified":"2021-03-18T13:55:42","modified_gmt":"2021-03-18T12:55:42","slug":"expose-de-soutenance","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/monnaie-sans-dette.com\/index.php\/expose-de-soutenance\/","title":{"rendered":"Expos\u00e9 de soutenance"},"content":{"rendered":"<h1><strong>Expos\u00e9 liminaire de la soutenance<\/strong><\/h1>\n<p>Voici le texte (au style n\u00e9cessairement plus oral que celui de la th\u00e8se) de l\u2019expos\u00e9 de 20 minutes prononc\u00e9 en d\u00e9but de soutenance le 3 f\u00e9vrier 2021 \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 Paris 1 Panth\u00e9on Sorbonne, avant les quatre heures de discussions avec le jury qui ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s stimulantes, portant tour \u00e0 tour sur la partie th\u00e9orique de la th\u00e8se, puis sur la partie historique, et enfin sur les propositions normatives.<\/p>\n<h2>Introduction<\/h2>\n<p>Ma th\u00e8se porte sur le lien entre monnaie et dette dans un r\u00e9gime d\u2019\u00e9mission endog\u00e8ne. C\u2019est une question que l\u2019on peut aborder sous deux angles sym\u00e9triques\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>On peut tout d\u2019abord partir de la monnaie\u00a0: si on se demande d\u2019o\u00f9 elle vient et comment elle est cr\u00e9\u00e9e, on arrive imm\u00e9diatement \u00e0 la question de la dette, puisque c\u2019est par elle que la monnaie est mise en circulation.<\/li>\n<li>Inversement, on peut partir de la question de la dette, publique ou priv\u00e9e, qui atteint comme on le sait des montants astronomiques et sans cesse croissants. On peut se demander comment c\u2019est possible que tous les agents \u00e9conomiques du monde soient aussi endett\u00e9s, et aupr\u00e8s de qui ils le sont, donc d\u2019o\u00f9 vient cet argent\u00a0? On tombe bien s\u00fbr sur la question des in\u00e9galit\u00e9s et des grandes fortunes, mais aussi sur la question de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire puisqu\u2019une partie de l\u2019argent pr\u00eat\u00e9 par les cr\u00e9anciers a \u00e9t\u00e9 tout simplement cr\u00e9\u00e9 par le cr\u00e9dit bancaire ou la mon\u00e9tisation par les banques de l\u2019achat des cr\u00e9ances.<\/li>\n<\/ul>\n<p>A titre personnel, je suis venu \u00e0 ce sujet plut\u00f4t par le deuxi\u00e8me angle pour mon m\u00e9moire de M2, apr\u00e8s la crise des <em>subprimes<\/em>, en plein pendant la crise des finances publiques du d\u00e9but des ann\u00e9es 2010, et je pense qu\u2019on sent que la pr\u00e9occupation pour la dette publique et le recouvrement par l\u2019Etat du monopole de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire, est toujours tr\u00e8s pr\u00e9sente dans ma th\u00e8se. En d\u00e9couvrant le <em>100% Money<\/em> de Fisher (1935), j\u2019y ai vu une mani\u00e8re de d\u00e9construire le faux probl\u00e8me de la dette publique de mani\u00e8re finalement plus radicale que ne le font les postkeyn\u00e9siens ou la MMT.<\/p>\n<p>Je vais commencer par revenir sur quelques donn\u00e9es qui ont marqu\u00e9 l\u2019actualit\u00e9 de ce sujet depuis que j\u2019ai d\u00e9pos\u00e9 ma th\u00e8se.<\/p>\n<p>Ensuite je repr\u00e9ciserai les principaux objectifs que je poursuivais dans ce travail.<\/p>\n<p>Dans un troisi\u00e8me temps, j\u2019essaierai de souligner les principaux apports et originalit\u00e9 de mon approche.<\/p>\n<p>Et enfin je conclurai en \u00e9voquant quelques pistes de recherche futures.<\/p>\n<h2>I\/ Actualit\u00e9 du sujet<\/h2>\n<p>A l\u2019\u00e9poque de mon m\u00e9moire, la question du lien entre monnaie et dette, de l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et des alternatives possibles, n\u2019int\u00e9ressait pas grand monde, mais aujourd\u2019hui, le sujet s\u2019est vraiment invit\u00e9 sur la sc\u00e8ne m\u00e9diatique l\u00e0 encore par le second angle d\u2019approche, c\u2019est-\u00e0-dire en partant de la dette. On assiste depuis quelques mois \u00e0 de fortes pol\u00e9miques dans les m\u00e9dias sur l\u2019annulation de la dette publique, auxquelles certains d\u2019entre vous ont particip\u00e9, contre d\u2019autres acteurs qui qualifient cette proposition d\u2019 \u00ab\u00a0Economie vaudou\u00a0\u00bb, ou d\u2019 \u00ab\u00a0argent magique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est bien s\u00fbr la crise sanitaire qui a rendu visible ce d\u00e9bat, puisqu\u2019elle alourdit consid\u00e9rablement le stock de dette mondial, m\u00eame si j\u2019ai tent\u00e9 de montrer que \u00e7a s\u2019inscrit en fait dans la continuit\u00e9 d\u2019une dynamique de temps long. On a les premiers chiffres 2020, m\u00eame si la crise sanitaire est loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9e\u00a0: selon l\u2019agence de notation Fitch, les \u00c9tats dans le monde se sont autant endett\u00e9s en 2020 qu\u2019au cours des sept ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, pour arriver \u00e0 64\u00a0500\u00a0milliards d\u2019euros. En France, la dette publique a augment\u00e9 de 300 milliards d\u2019euros au cours des trois premiers trimestres 2020, pour atteindre pr\u00e8s 2\u00a0700 milliards.<\/p>\n<p>Or cela nous renvoie imm\u00e9diatement \u00e0 la question de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire. D\u2019apr\u00e8s un reportage de <em>Challenge<\/em> aupr\u00e8s de l\u2019Agence France Tr\u00e9sor, la moiti\u00e9 des titres \u00e9mis par la France se retrouvent dans le bilan de la BCE quelques heures seulement apr\u00e8s leur adjudication. On voit donc que l\u2019interdiction du financement direct des Etats par la BCE est largement une fiction contourn\u00e9e par le d\u00e9tour du march\u00e9 secondaire pendant seulement quelques heures. Cela nourrit un vif d\u00e9bat par exemple sur l\u2019avenir de la dette Covid\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Le gouverneur de la Banque de France, Fran\u00e7ois Villeroy de Galhau, tient des propos ambigus sur ce sujet dans <em>Challenge<\/em>. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 Il a dit qu\u2019 \u00ab\u00a0il n\u2019y a pas de plafond th\u00e9orique \u00e0 la taille du bilan de la BCE\u00a0\u00bb, donc <em>a priori<\/em> pas de limite au financement des d\u00e9ficits publics. Mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, il dit aussi qu\u2019 \u00ab\u00a0une dette doit \u00eatre rembours\u00e9e t\u00f4t ou tard\u00a0\u00bb.<\/li>\n<li>Ce n\u2019est pas l\u2019avis des Fran\u00e7ais, dont seuls 7 % sont pr\u00eats \u00e0 rembourser la dette publique aux termes pr\u00e9vus, 93\u00a0% pr\u00e9f\u00e9rant qu\u2019elle soit \u00e9tal\u00e9e dans le temps, purement et simplement annul\u00e9e ou pay\u00e9e par un imp\u00f4t exceptionnel sur la fortune. En France, cela fait deux ans que certains Gilets Jaunes r\u00e9clament l\u2019annulation de la dette publique, donc bien avant la COVID, et que des ministres leur r\u00e9pondent qu\u2019il <em>faut<\/em> payer ses dettes et g\u00e9rer le budget de l\u2019Etat comme un bon p\u00e8re de famille.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cela annonce donc des conflits sociopolitiques lourds sur cette question, et on ne parle ici que de la dette publique, qui n\u2019est bien s\u00fbr qu\u2019une partie du probl\u00e8me.<\/p>\n<p>La dette publique est un sujet que certains h\u00e9t\u00e9rodoxes peuvent avoir tendance \u00e0 minorer, comme Eric Berr et ses coauteurs qui viennent de sortir un ouvrage sur la question. On peut comprendre leur position, puisqu\u2019il s\u2019agit de combattre la vision lib\u00e9rale qui exige le remboursement de la dette et justifie des cures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 absurdes. Mais \u00e7a conduit <em>a contrario <\/em>ces auteurs \u00e0 sous-estimer l\u2019impact de la dette publique sur la stabilit\u00e9 \u00e9conomique et politique. Je pense qu\u2019on reviendra sur la question des postkeyn\u00e9siens dans les questions, auteurs dont je me sens tr\u00e8s proches par certains aspects mais en d\u00e9saccords sur d\u2019autres, notamment sur la th\u00e9orie r\u00e9volutionnaire de l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et sur \u00e0 quel point la dette publique peut \u00eatre un probl\u00e8me. Comme vous l\u2019avez compris, je crains pour ma part qu\u2019un fardeau d\u2019endettement public aussi lourd que celui qu\u2019on connait ne limite les marges de man\u0153uvre de l\u2019Etat, pas pour des raisons objectives puisque le Japon a 250\u00a0% de dette publique sur PIB et n\u2019en est pas mort (alors que la France n\u2019est qu\u2019\u00e0 116,4%), mais il y a des limites psychologique parce que c\u2019est un tr\u00e8s puissant facteur de d\u00e9fiance. Il y a toujours en arri\u00e8re fond le spectre de la banqueroute qui hante les esprits. En 2020, cinq \u00c9tats se sont trouv\u00e9s dans l\u2019incapacit\u00e9 de rembourser leurs emprunts : l\u2019Argentine, l\u2019\u00c9quateur, le Liban, le Suriname et la Zambie.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, il y a des divergences entre les pays du Nord et du Sud. Effectivement, le rapport d\u2019endettement n\u2019est pas structur\u00e9 par les m\u00eames d\u00e9terminants institutionnels dans ces deux groupes de pays, comme l\u2019ont relev\u00e9 \u00e0 juste titre les rapporteurs.<\/p>\n<ul>\n<li>D\u2019apr\u00e8s l\u2019agence Fitch, au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des pays <em>d\u00e9velopp\u00e9s<\/em> ont <em>baiss\u00e9<\/em>, passant de 4 % \u00e0 2 % en moyenne, avec m\u00eame des taux n\u00e9gatifs pour certains pays. \u00c7a s\u2019explique notamment par le fait qu\u2019ils s\u2019endettent dans leur <em>propre<\/em> monnaie (ou une monnaie commune), comme l\u2019a point\u00e9 Jean-Fran\u00e7ois Ponsot.<\/li>\n<li>A l\u2019inverse, dans pour les pays <em>en voie de d\u00e9veloppement<\/em>, les taux ont <em>augment\u00e9<\/em>, passant de 4,4 % \u00e0 5,1 %. Au point que, selon Fitch, en 2022, les pays pauvres auront emprunt\u00e9 <em>trois fois moins<\/em> d\u2019argent que les pays riches mais ils paieront le <em>m\u00eame<\/em> montant d\u2019int\u00e9r\u00eats que les pays riches (711 milliards d\u2019euros)<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Comme les deux rapporteurs l\u2019ont relev\u00e9, je n\u2019ai pas beaucoup d\u00e9velopp\u00e9 la question de la dette des pays en d\u00e9veloppement, pas plus par exemple que le non-paiement des r\u00e9parations allemandes de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, car je me centre pas sur la dette en tant que telle mais sur la dette <em>n\u00e9e de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire<\/em>, donc sur le rapport entre monnaie et dette dans un r\u00e9gime d\u2019\u00e9mission endog\u00e8ne. Mais j\u2019admets tout \u00e0 fait les pays en d\u00e9veloppement ne font pas face aux m\u00eames conditions institutionnelles que les pays riches, notamment justement dans leur rapport \u00e0 la monnaie.<\/p>\n<p>Ce qui ne veut pas dire qu\u2019il y a une fronti\u00e8re intangible qui prot\u00e8gerait les pays d\u00e9velopp\u00e9s de tout risque de crise des finances publiques. On a bien vu au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010 que la d\u00e9fiance performative des march\u00e9s financiers pouvait atteindre des pays d\u2019Europe de l\u2019Ouest. Pour y faire face, il a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire de d\u00e9ployer des politiques non-conventionnelles, dont on sait aujourd\u2019hui les limites.<\/p>\n<p>Certes, une politique budg\u00e9taire ambitieuse pourrait surmonter les probl\u00e8mes. Je suis tout \u00e0 fait d\u2019accord avec les postkeyn\u00e9siens sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un programme de d\u00e9pense publique, mais pas sur la question du financement. Pourquoi passer par la dette pour financer ces d\u00e9penses, plut\u00f4t que par une cr\u00e9ation mon\u00e9taire sans dette\u00a0? A nouveau, j\u2019imagine qu\u2019on y reviendra dans la discussion, mais cette solution permettrait de s\u2019\u00e9viter un passif susceptible de devenir dangereux si les tenants de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 se maintiennent ou reviennent un jour au pouvoir.<\/p>\n<p>Mais avant d\u2019en venir \u00e0 ce point, j\u2019ai voulu r\u00e9pondre \u00e0 un certain nombre de questions sur la monnaie endog\u00e8ne. J\u2019aimerais maintenant r\u00e9sumer les quatre grands objectifs que je me suis donn\u00e9s dans ma th\u00e8se.<\/p>\n<h2>II\/ Objectifs de la recherche<\/h2>\n<p>J\u2019ai voulu montrer quatre points\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>La monnaie n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 endog\u00e8ne\u00a0: sauf \u00e0 en diluer le concept, il faut la tenir pour une construction institutionnelle historiquement situ\u00e9e et non une n\u00e9cessit\u00e9 ontologique et transhistorique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00c7a ouvre une cons\u00e9quence normative\u00a0: la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er une monnaie exog\u00e8ne. Ce qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 poser la question de savoir si ce serait facteur de stabilit\u00e9 ou d\u2019instabilit\u00e9\u00a0: c\u2019est l\u2019objet de mon deuxi\u00e8me point, sur lequel je vais m\u2019arr\u00eater plus longuement.<\/p>\n<ul>\n<li>J\u2019ai voulu montrer qu\u2019en r\u00e9gime exog\u00e8ne comme endog\u00e8ne, la masse mon\u00e9taire ne s\u2019adapte pas toujours aux besoins de l\u2019\u00e9conomie, et que l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9, comprise au sens d\u2019une monnaie produite par le march\u00e9 du cr\u00e9dit, est un facteur d\u2019instabilit\u00e9. M\u00eame si ce n\u2019est bien s\u00fbr pas la seule cause des crises \u00e9conomiques, c\u2019est un facteur \u00e0 part enti\u00e8re (distinct de l\u2019instabilit\u00e9 financi\u00e8re), un facteur d\u2019instabilit\u00e9 suppl\u00e9mentaire qui pourrait \u00eatre \u00e9vit\u00e9 par une monnaie exog\u00e8ne \u2013 du moins si on admet que l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 n\u2019est pas une n\u00e9cessit\u00e9 ontologique transhistorique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Alors pourquoi la monnaie endog\u00e8ne est source d\u2019instabilit\u00e9\u00a0? Parce qu\u2019elle repose sur une double contradiction : l\u2019encastrement dans la dette et l\u2019encastrement dans le march\u00e9. C\u2019est pourquoi je parle de \u00ab\u00a0l\u2019encastrement de l\u2019institution mon\u00e9taire dans le march\u00e9 de la dette\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n<ol>\n<li>D\u2019abord, l\u2019encastrement dans la dette\u00a0: dans le r\u00e9gime actuel, la cr\u00e9ation mon\u00e9taire alourdit le fardeau de la dette. Chaque euro suppl\u00e9mentaire inject\u00e9 dans l\u2019\u00e9conomie produit un euro de dette suppl\u00e9mentaire. C\u2019est comme si, au jeu du Monopoly, personne ne recevait d\u2019encaisses initiales, ni d\u2019encaisses suppl\u00e9mentaires gratuites \u00e0 chaque fois qu\u2019on passe sur la case d\u00e9part, et devait s\u2019endetter pour que la monnaie soit cr\u00e9\u00e9e \u00e0 chaque fois qu\u2019il veut effectuer un paiement\u00a0: on imagine \u00e0 quel point le jeu serait instable (alors que m\u00eame sans cela, il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour montrer le caract\u00e8re antisocial et instable de l\u2019accumulation capitaliste, qui met fin \u00e0 toute possibilit\u00e9 de transaction une fois qu\u2019un des joueurs a monopolis\u00e9 toutes les richesses).<\/li>\n<li>Ensuite, l\u2019encastrement de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire dans des transactions de march\u00e9. Le r\u00e9gime endog\u00e8ne repose sur la <em>production<\/em> marchande d\u00e9centralis\u00e9e de la monnaie sur le march\u00e9 du cr\u00e9dit\u00a0: elle d\u00e9pend donc d\u2019une multitude de d\u00e9cisions micro\u00e9conomiques dont rien n\u2019assure <em>a priori<\/em> la coh\u00e9rence macro\u00e9conomique.<\/li>\n<\/ol>\n<p>J\u2019ai dit \u00e0 ce sujet que le r\u00e9gime actuel fait de la monnaie une marchandise comme Karl Polanyi le disait de l\u2019\u00e9talon-or. Ludovic Desmedt a trouv\u00e9 que le terme \u00e9tait peut-\u00eatre malheureux parce qu\u2019il risquait de cr\u00e9er une confusion entre la monnaie de cr\u00e9dit et la monnaie-marchandise, et c\u2019est vrai que ce n\u2019est pas la m\u00eame logique, mais je voulais insister sur le fait qu\u2019en plus de l\u2019encastrement de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire dans la dette, il y a aussi le fait que la monnaie est produite et vendue sur un march\u00e9, par des transactions d\u00e9centralis\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans un tel syst\u00e8me, la masse mon\u00e9taire d\u00e9pend de la demande, mais elle affecte en retour la demande, ce qui est cause d\u2019instabilit\u00e9. C\u2019est ce qu\u2019a montr\u00e9 Fisher\u00a0: une chute de la masse mon\u00e9taire due \u00e0 une baisse de la demande de cr\u00e9dit peut cr\u00e9er de la d\u00e9flation qui pousse au d\u00e9sendettement, et donc entretient la destruction mon\u00e9taire. Cela m\u00e8ne \u00e0 une situation de crise o\u00f9 la quantit\u00e9 de monnaie est loin de r\u00e9pondre aux besoins de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle comme le pr\u00e9tendent Rochon et Rossi. Inversement, la hausse du prix des actifs en cas de bulle financi\u00e8re augmente la valeur des collat\u00e9raux, donc stimule la cr\u00e9ation mon\u00e9taire qui alimente la bulle selon une logique auto-entretenue qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec les besoins de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir montr\u00e9 (1) que la monnaie n\u2019\u00e9tait pas endog\u00e8ne par nature, et (2) que l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 est un facteur d\u2019instabilit\u00e9 en soi, cela a d\u00e9plac\u00e9 la probl\u00e9matique\u00a0: la question \u00e9tait d\u00e9sormais d\u2019expliquer non plus l\u2019instabilit\u00e9 mais au contraire la relative stabilit\u00e9 historique de la monnaie endog\u00e8ne.<\/p>\n<ul>\n<li>Mon troisi\u00e8me objectif \u00e9tait donc de montrer que les contradictions internes de la monnaie endog\u00e8ne ne sont accommod\u00e9es que provisoirement par un mode de r\u00e9gulation qui rend compatible les d\u00e9cisions micro\u00e9conomiques d\u2019endettement avec les conditions de la reproduction d\u2019un r\u00e9gime de croissance relativement stable jusqu\u2019\u00e0 ce que les contradictions deviennent insurmontables. J\u2019ai tent\u00e9 de caract\u00e9riser, notamment dans le cas fran\u00e7ais, les m\u00e9diations institutionnelles qui ont assur\u00e9 des p\u00e9riodes de stabilit\u00e9 au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et les processus qui ont historiquement<\/li>\n<li>Enfin, mon quatri\u00e8me objectif \u00e9tait de formuler des propositions concr\u00e8tes \u00e0 la crise actuelle, en montrant qu\u2019une monnaie enti\u00e8rement exog\u00e8ne \u00e9mise en dehors de toute dette et de tout march\u00e9 serait un facteur de stabilisation macro\u00e9conomique.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>III\/ L\u2019originalit\u00e9 de la th\u00e8se<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 le raisonnement d\u2019ensemble de la th\u00e8se, j\u2019en viens maintenant \u00e0 la troisi\u00e8me partie de mon expos\u00e9, en soulignant l\u2019originalit\u00e9 de l\u2019approche que j\u2019ai adopt\u00e9e et de certains apports que j\u2019ai propos\u00e9s.<\/p>\n<ul>\n<li>Faire dialoguer plusieurs courants h\u00e9t\u00e9rodoxes qui n\u2019ont pas le m\u00eame cadre \u00e9pist\u00e9mologique\u00a0:\n<ol>\n<li>L\u2019\u00e9cole de la R\u00e9gulation.<\/li>\n<li>Les postkeyn\u00e9siens<\/li>\n<li>Une approche anthropologique, mobilis\u00e9e notamment pour d\u00e9velopper la conceptualisation du rapport d\u2019endettement qui \u00e9tait \u00e0 mes yeux insuffisamment d\u00e9velopp\u00e9e en \u00e9conomie.<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<li>J\u2019ai en effet voulu articuler des consid\u00e9rations anthropologiques et conceptuelles sur le rapport d\u2019endettement, avec des questions techniques sur la politique mon\u00e9taire. En effet, je pense que ce qui se joue ultimement derri\u00e8re les d\u00e9bats mon\u00e9taires contemporains parfois tr\u00e8s techniques, c\u2019est en fait des visions diff\u00e9rentes de ce que c\u2019est que la dette, et qui expliquent des prises de position oppos\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par exemple, la semaine derni\u00e8re, le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral de LREM a propos\u00e9 d\u2019instaurer un pr\u00eat \u00e0 taux z\u00e9ro de 10\u00a0000\u00a0\u20ac pour les \u00e9tudiants, ce qui a suscit\u00e9 deux prises de positions oppos\u00e9es\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>d\u2019un c\u00f4t\u00e9, le Ministre de l\u2019Economie, Bruno Le Maire, s\u2019est dit int\u00e9ress\u00e9 par la proposition,<\/li>\n<li>alors que de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, M\u00e9lanie Luce, la pr\u00e9sidente de l\u2019Unef, a trouv\u00e9 la proposition <em>\u00ab\u00a0scandaleuse\u00a0\u00bb<\/em> et <em>\u00ab\u00a0d\u00e9connect\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, en disant\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Au lieu d\u2019aides sociales, on nous propose un pr\u00eat, on ne veut pas commencer notre vie active en s\u2019endettant\u00a0\u00bb<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Donc d\u2019un c\u00f4t\u00e9, le ministre voit la dette comme un contrat mutuellement avantageux d\u2019allocation inter-temporelle des ressources et esp\u00e8re r\u00e9soudre ainsi les probl\u00e8mes de pr\u00e9carit\u00e9, alors que de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les potentiels d\u00e9biteurs la voient comme un rapport social de d\u00e9pendance, qui les soumettraient \u00e0 des \u00ab\u00a0affects tristes\u00a0\u00bb, ce que j\u2019ai nomm\u00e9 le fardeau de la dette. Donc selon la<\/em> conceptualisation anthropologique de la dette qu\u2019on admet, on n\u2019anticipe pas les m\u00eames r\u00e9actions des agents aux politiques mon\u00e9taires, par exemple, est-ce qu\u2019ils vont \u00eatre pr\u00eats \u00e0 s\u2019endetter ou pas, et \u00e7a explique en partie les difficult\u00e9s dans lesquelles se trouvent prises les politiques contemporaines, en particulier l\u2019\u00e9chec de l\u2019approche par le multiplicateur de cr\u00e9dit.<\/p>\n<ul>\n<li>Un autre apport\u00a0de la th\u00e8se c\u2019est de proposer une contribution \u00e0 la Th\u00e9orie de la R\u00e9gulation, en abordant la question de l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 sous une perspective historique pour \u00e9tudier quelles r\u00e9gulations institutionnelles ont assur\u00e9 en pratique sa viabilit\u00e9 au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, en cr\u00e9ant une stabilit\u00e9 certes imparfaite et transitoire mais n\u00e9anmoins r\u00e9elle. \u00c7a m\u2019a sembl\u00e9 \u00e9clairant pour comprendre par exemple la trajectoire des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, les politiques mon\u00e9taires men\u00e9es depuis la crise ou encore les d\u00e9bats les plus contemporains sur ces questions.<\/li>\n<li>J\u2019ai aussi voulu montrer le r\u00f4le que l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9 a pu jouer dans les crises \u00e9conomiques, en particulier celle de 2007 qu\u2019on r\u00e9duit souvent \u00e0 une crise immobili\u00e8re et financi\u00e8re, en oubliant un peu vite que c\u2019est aussi une crise du cr\u00e9dit bancaire, et donc de la monnaie endog\u00e8ne, avec un grand nombre de faillites bancaires. Si les Etats et les Banques centrales n\u2019\u00e9taient pas massivement intervenus, en s\u2019asseyant sur leurs propres dogmes, pour sauver les banques, on aurait pu \u00eatre confront\u00e9s \u00e0 une mat\u00e9rialisation du risque syst\u00e9mique. Cela aurait fait dispara\u00eetre purement et simplement la monnaie scripturale, du fait de l\u2019absence de couverture int\u00e9grale des d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 vue dans un syst\u00e8me \u00e0 r\u00e9serves fractionnaires \u2013 soit le <em>m\u00eame<\/em> probl\u00e8me que celui identifi\u00e9 par Fisher dans son analyse de la spirale d\u00e9sendettement-d\u00e9flation apr\u00e8s la crise de 1929. Si on a appris de cette crise comment g\u00e9rer ce probl\u00e8me, il reste tout de m\u00eame structurellement inscrit dans les institutions m\u00eames du cr\u00e9dit bancaire.<\/li>\n<li>Une autre originalit\u00e9 de la th\u00e8se est sans doute de r\u00e9activer la proposition fish\u00e9rienne du <em>100\u00a0% Money<\/em>, qui me para\u00eet toujours pertinente, en l\u2019adaptant au contexte contemporain et en montrant que contrairement \u00e0 ce que pensent certains auteurs postkeyn\u00e9siens, cette r\u00e9forme structurelle n\u2019emp\u00eache pas de mener des politiques conjoncturelles expansionnistes. Il est vrai que l\u2019approche de Fisher restait assez lib\u00e9rale m\u00eame en 1935, mais j\u2019ai essay\u00e9 de montrer qu\u2019on pouvait tout \u00e0 fait faire un usage keyn\u00e9sien de son projet de r\u00e9forme, en utilisant la monnaie exog\u00e8ne au service d\u2019une relance de la demande effective.<\/li>\n<li>Plus globalement, j\u2019ai propos\u00e9 de synth\u00e9tiser le d\u00e9bat acad\u00e9mique actuel sur les politiques mon\u00e9taires en classant les nombreuses propositions qui existent selon leur degr\u00e9 de rupture avec l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>IV\/ Ouverture\u00a0: quel programme de recherche futur sur ce sujet\u00a0?<\/h2>\n<p>Pour finir par une ouverture, j\u2019aimerais mentionner quelques pistes de recherches futures. Au cours de mes recherches, je me suis aper\u00e7u que le sujet \u00e9tait tr\u00e8s large, une des difficult\u00e9s d\u2019ailleurs point\u00e9es par les rapporteurs \u00e9tant bien s\u00fbr d\u2019approfondir suffisamment chaque aspect. J\u2019ai en particulier compris que le lien entre monnaie et dette pose en r\u00e9alit\u00e9 trois questions distinctes quoiqu\u2019entrem\u00eal\u00e9es, \u00e0 savoir\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La monnaie est-elle n\u00e9cessairement mise en circulation par le cr\u00e9dit\u00a0?<\/strong> C\u2019est la question de l\u2019endog\u00e9n\u00e9it\u00e9, \u00e0 laquelle j\u2019ai d\u00fb restreindre la th\u00e8se pour la ramener de 800 \u00e0 400 pages. J\u2019aurais pu davantage d\u00e9velopper tel ou tel aspect de cette question, par exemple, comme les rapporteurs l\u2019ont soulign\u00e9, la restitution des d\u00e9bats th\u00e9oriques entre postkeyn\u00e9siens ou l\u2019analyse historique de la r\u00e9action des agents priv\u00e9s \u00e0 la politique mon\u00e9taire des ann\u00e9es 1920 ou des Trente Glorieuses, mais j\u2019ai tent\u00e9 de rester dans une longueur raisonnable. Pour cela, j\u2019ai notamment d\u00fb \u00e9vincer une autre question qui est tr\u00e8s intimement li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente\u00a0:<\/li>\n<li><strong>La monnaie est-elle une cr\u00e9ance\u00a0?<\/strong> Ind\u00e9pendamment de la fa\u00e7on dont elle est mise en circulation, est-ce que c\u2019est un droit sur des biens r\u00e9els, une cr\u00e9ance exigible qui donne droit au porteur \u00e0 des transferts d\u2019actifs de la part de l\u2019\u00e9metteur\u00a0? Et donc est-ce que la monnaie doit avoir une contrepartie comptable dans le bilan de l\u2019\u00e9metteur, ou simplement une contrepartie marchande dans l\u2019\u00e9conomie\u00a0? C\u2019est \u00e0 la fois une question tr\u00e8s th\u00e9orique, que l\u2019on peut traiter chez diff\u00e9rents auteurs, par exemple chez Jean Cartelier qui pose l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une n\u00e9cessaire r\u00e9solution p\u00e9riodique des soldes mon\u00e9taires \u00e0 la fin des cycles d\u2019\u00e9changes, o\u00f9 la monnaie devrait disparaitre p\u00e9riodiquement pour solder les comptes en r\u00e9allouant les actifs. Mais c\u2019est aussi une question qui se pose de mani\u00e8re tr\u00e8s pratique, par exemple dans le d\u00e9bat qui a oppos\u00e9 les \u00e9conomistes allemands aux autres membres de la zone euro sur la question de savoir s\u2019il fallait introduire des collat\u00e9raux dans le syst\u00e8me de paiement inter-Banques centrales Target 2. Ce sont des enjeux consid\u00e9rables, de l\u2019ordre de 950 milliards d\u2019euros de solde cr\u00e9diteur pour la Bundesbank en juin 2019, avec la question de savoir qui se ferait avoir de l\u2019Allemagne ou de l\u2019Italie en cas d\u2019\u00e9clatement de la zone euro. Donc c\u2019est un sujet que j\u2019aimerais bien creuser \u00e0 l\u2019avenir.<\/li>\n<li>Enfin, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre demand\u00e9e si la monnaie est n\u00e9cessairement mise en circulation par la dette, et si elle doit ou non \u00eatre trait\u00e9e comme une cr\u00e9ance, une derni\u00e8re question pos\u00e9e par le lien entre monnaie et dette est la suivante\u00a0: <strong>la monnaie est-elle fondamentalement vou\u00e9e au paiement des dettes\u00a0? <\/strong>C\u2019est une question qui peut paraitre un peu \u00e9trange au premier abord, quoi qu\u2019on peut se demander si notre Banquier Central et notre Ministre de l\u2019\u00e9conomie ne pensent pas que le but de l\u2019\u00e9conomie est de rembourser la dette publique, mais \u00e7a renvoie \u00e0 tout le d\u00e9bat anthropologique sur la dette vie, introduit par Philippe Rospab\u00e9, et auxquels de nombreux auteurs r\u00e9gulationnistes comme Michel Aglietta ou Bruno Th\u00e9ret se r\u00e9f\u00e8rent souvent, en s\u2019opposant sur ce point \u00e0 David Graeber, \u00e0 Alain Caillet ou d\u2019autres. Ma position personnelle se situe \u00e0 cheval entre celle des r\u00e9gulationniste et celle de David Graeber. On peut en discuter si vous voulez, en tout cas c\u2019est un d\u00e9bat int\u00e9ressant que j\u2019aimerais \u00e9galement creuser \u00e0 l\u2019avenir.<\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.ouest-france.fr\/economie\/des-faillites-d-etats-a-craindre-en-2021-7126328\">https:\/\/www.ouest-france.fr\/economie\/des-faillites-d-etats-a-craindre-en-2021-7126328<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Expos\u00e9 liminaire de la soutenance Voici le texte (au style n\u00e9cessairement plus oral que celui de la th\u00e8se) de l\u2019expos\u00e9 de 20 minutes prononc\u00e9 en&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/monnaie-sans-dette.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/330"}],"collection":[{"href":"https:\/\/monnaie-sans-dette.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/monnaie-sans-dette.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monnaie-sans-dette.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monnaie-sans-dette.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=330"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/monnaie-sans-dette.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/330\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":441,"href":"https:\/\/monnaie-sans-dette.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/330\/revisions\/441"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/monnaie-sans-dette.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=330"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}